Revue des «Sneaks»: Anthony Mackie et Martin Lawrence sont des chaussures – oui, vraiment

Le film de chaussures anthropomorphes Sneaks me rappelle Werner Herzog — et pas seulement parce qu’il a déjà mangé une chaussure bizarre

Le réalisateur de Fitzcarraldo et Aguirre, la colère de Dieu a un jour affirmé que l’humanité était « affamée de nouvelles images ». Une déclaration que de nombreux cinéastes ont prise très à cœur. Je ne peux pas dire avec certitude que Herzog serait touché par un film où une escouade de baskets vivantes traverse Central Park en pleine nuit, traquée une à une par des rats géants sortis de l’ombre... mais j’aime à croire qu’il reconnaîtrait, au minimum, que oui, ça, c’est une image inédite. Bien joué, Sneaks.

Ce film s’inscrit dans une longue tradition cinématographique qui se demande si les objets du quotidien — ceux qu’on oublie, qu’on jette, ou qu’on piétine — ont eux aussi des émotions. Le vaillant petit grille-pain nous a déjà fait culpabiliser d’avoir laissé derrière nous nos vieux électroménagers. Toy Story a fait la même chose avec les jouets. Et Food Fight!... eh bien, a tenté maladroitement de nous convaincre que des mascottes alimentaires rejouaient Casablanca chaque nuit dans les rayons de notre supermarché. Alors franchement, pourquoi pas des chaussures ?

Dans Sneaks, Anthony Mackie et Chloe Bailey prêtent leur voix à Ty et Maxine, une paire de baskets extravagantes baptisées « Alchemy 24s ». Maxine rêve d’être portée par un humain qui a vraiment besoin de chaussures — une vraie héroïne de terrain. Ty, lui, aspire à être exposé sur un piédestal, comme trophée ultime d’un collectionneur. Métaphore un peu évidente mais universelle : être utile ou être admiré — qui ne s’est jamais posé cette question ?

Lors d’une convention de sneakers, les Alchemy 24s sont mises en jeu. Un mystérieux collectionneur (Laurence Fishburne) a acheté presque tous les billets, mais c’est un ado nommé Edson (Swae Lee) qui les remporte contre toute attente. Le collectionneur tente de les lui racheter, allant jusqu’à lui proposer… les droits de nommage d’un stade. Rien que ça. Edson refuse. Alors le collectionneur les vole. Maxine tente une évasion spectaculaire à moto (oui, à moto), mais c’est Ty qui est éjecté et séparé d’elle.

Commence alors une épopée à travers New York, où Ty est guidé par JB, une vieille chaussure rusée façon Artful Dodger doublée par Martin Lawrence. JB promet d’aider Ty à retrouver Maxine, mais il convoite en réalité les joyaux incrustés dans sa semelle. On a vu plus altruiste. D’ailleurs, à ce stade, il devient franchement difficile de décrire ce qui se passe sans perdre toute notion de logique : les chaussures parlent, sautent, s’ouvrent, se battent... et leurs « langues » sortent de l’avant. Vous savez, là où ce n’est pas censé être.

Sur le papier, Sneaks ressemble à une fausse bande-annonce d’un Pixar discount. L’univers n’a ni règles claires ni allégorie solide. Si nos chaussures ont des pensées et des sentiments... qu’est-ce que ça implique pour nous ? Sérieusement, c’est quoi le message ? Le film semble vaguement prendre parti contre la culture des collectionneurs obsessionnels : ouvrez vos boîtes, utilisez vos objets, vivez avec eux ! (Sauf si vous possédez une figurine Rocket-Firing Boba Fett encore emballée — là, soyez prudent.)

Et puis, il y a les jeux de mots. Beaucoup de jeux de mots. Un chœur grec de baskets suspendues à une ligne électrique offre un « soutien narratif » plutôt qu’un soutien de voûte plantaire. Pas mal, hein ? Et que dire des titres façon Shakespeare revus à la sauce sneaker : The Taming of the Shoe, The Twelfth Nike, Beaucoup adidas pour rien... On sent que les scénaristes se sont fait plaisir, et honnêtement, on ne peut pas leur en vouloir.

Certes, on pourrait facilement balayer Sneaks d’un revers de main comme un film-pirouette, bricolé autour d’une idée trop mince. Le scénario est confus, et le super-méchant (Forger, doublé par Roddy Ricch) est aussi intimidant qu’incompréhensible. Mais tout ne repose pas sur l’histoire. Le cinéma, c’est aussi des images vivantes. Et sur ce plan-là, Sneaks marque des points.

Les réalisateurs Rob Edwards et Christopher Jenkins imaginent une New York vibrante, stylisée comme un jeu PlayStation 2 : coins exagérés, perspectives déformées, personnages ultra-caricaturaux. Et ça fonctionne. Le film bouge bien, déborde d’énergie visuelle et d’inventivité. On ne s’attendait pas à ce qu’il aille aussi loin… mais il l’a fait, et quelque part, ça sauve l’ensemble.

Sneaks ne deviendra sans doute pas un classique, mais il a ce petit truc : une énergie absurde, tenace, sincère. Une surprise bizarrement agréable. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais ce n’est pas non plus un désastre. C’est, eh bien… surtout OK. Et parfois, c’est tout ce dont on a besoin. Et si la chaussure vous va… eh bien, portez-la.

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