Souviens-toi de l'été 2020, cette période étrange où les cinémas étaient fermés à cause de la pandémie, et où la plupart des gros blockbusters repoussaient leurs sorties. Dans ce vide, un film de super-héros un peu à part a su se démarquer sur Netflix : The Old Guard 2.
Basé sur une bande dessinée culte de Greg Rucka et réalisé par Gina Prince-Bythewood, le film racontait l’histoire de mercenaires immortels qui pouvaient être poignardés, brûlés, explosés… et revenir à la vie encore et encore. Mais ce n’était pas juste un film d’action bien foutu. Ce qui le rendait spécial, c’était sa sensibilité. Prince-Bythewood, connue pour ses drames comme Love & Basketball ou Beyond the Lights, apportait une vraie profondeur émotionnelle à ses personnages.
Entre deux bastons stylées, le film prenait le temps de nous faire ressentir ce que c’est que de vivre pendant des siècles, voire des millénaires.
The Old Guard 2 n’était pas un simple bouche-trou en attendant le retour des Marvel. C’était une proposition forte et différente.
Cinq ans plus tard… le retour (moins glorieux)
Et voilà que débarque The Old Guard 2, réalisée cette fois par Victoria Mahoney. Le film a été validé peu après le succès du premier, mais il a mis du temps à voir le jour — entre retards et production difficile (il aurait été terminé depuis 2022). Résultat : si tu ne te souviens plus du premier film (ou si tu ne l’as jamais vu), accroche-toi. Cette suite ne fait aucun effort pour te remettre dans le bain.
Ça reprend directement après la fin du premier : l’équipe part libérer Quynh (Veronica Ngo), une immortelle piégée depuis des siècles dans une capsule au fond de l’océan — oui, elle y meurt et ressuscite encore et encore, un enfer sans fin. Quynh est la sœur d’armes d’Andy (Charlize Theron), la cheffe du groupe, rongée par la culpabilité de ne jamais l’avoir retrouvée… jusqu’à maintenant.
Une suite qui survole trop de choses
L’idée est forte, mais son traitement manque de folie. Quynh, après des centaines d’années de souffrance, n’est même pas devenue folle. Elle est juste… un peu froide. C’est frustrant, car c’est exactement ce qu’on retrouve dans tout le film : de bonnes idées, mais pas vraiment exploitées.
Le film essaie de garder l’esprit du premier. On retrouve les dynamiques compliquées entre les membres de l’équipe. Andy, désormais mortelle, doit faire face à cette nouvelle réalité. Booker, qui avait trahi le groupe, est toujours en exil. Yusuf et Nicolo, le couple immortel qu’on avait adoré dans le premier, pensent à se séparer. Il y a des tensions, des regrets, des blessures… mais le film ne les creuse jamais vraiment.
Et pour pimenter le tout, on nous ajoute une nouvelle méchante, Discord, jouée par Uma Thurman, avec son armée et ses ambitions mystérieuses. Malheureusement, même Uma Thurman est sous-exploitée. Son personnage est plat et son impact dans l’histoire reste flou.
Entre bonnes idées et exécution bancale
Il y a pourtant quelques belles tentatives. Une scène marquante montre Andy marchant dans une rue, traversant symboliquement les siècles, croisant ses anciens camarades dans des costumes d’époque. Une idée poétique… gâchée par une mise en scène maladroite, presque cheap.
Henry Golding rejoint aussi l’aventure en immortel érudit, mais il passe la majorité de son temps dans une bibliothèque fade qui semble tout droit sortie d’un décor de série B. Des personnages disparaissent de l’histoire sans explication. Des intrigues prometteuses sont à peine évoquées, ou expédiées à la va-vite.
Et puis… ça s’arrête.
Le plus frustrant ? Le film ne se termine pas vraiment. Il s'arrête net, comme si on avait juste vu le premier épisode d'une série. Ce n’est pas un cliffhanger bien pensé, c’est un arrêt brutal, qui donne l'impression que quelque chose manque. On sort du film avec la sensation qu’il manquait 30 minutes… ou une vraie fin.
Verdict ?
The Old Guard 2 n’est pas une catastrophe. Mais c’est un film qui manque de conviction, de rythme et de cœur. Là où le premier trouvait l’équilibre entre action et émotion, cette suite reste coincée dans une zone tiède. Elle effleure ses idées sans jamais vraiment les embrasser.
Dommage. Ce groupe d’immortels méritait mieux. Nous aussi.








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